Vendredi 15 décembre, l’UFAP UNSa Justice était invitée par la Sous-Direction de la Sécurité Pénitentiaire (SDSP) pour un bilan d’étape sur les nécessaires avancées revendiquées par notre organisation syndicale.

➢ Optimisation des places en Établissement Pour Peines (EPP) : 96% de taux d’occupation / 650 places encore disponibles

Avec 75 700 détenus et un taux d’occupation de 147,6% au niveau national, l’optimisation des places en EPP est un levier essentiel afin d’amortir l’impact négatif de la surpopulation dans les maisons d’arrêt, en partie à l’origine de la dégradation de nos conditions de travail. Notre organisation syndicale a réaffirmé que l’encellulement individuel doit être le principe fondamental.
L’ouverture de nouvelles structures ou les alternatives à l’incarcération ne permettent pas d’enrayer l’inflation carcérale.
Le nombre de matelas au sol (2 748) est en augmentation de 22% par rapport à 2022. Les droits de tirage dans les DISP ont pour seul effet de répartir de la misère sur l’ensemble du territoire hexagonal. La situation est également très problématique dans les établissements d’outre-mer.

La DAP défend la régulation carcérale afin de remédier à la situation actuelle. Cette option ne peut se suffire à elle-même. Le système actuel a atteint ses limites. La logique comptable de régulation de flux de la population pénale ne peut être une fin en soi car elle est en totale opposition avec nos missions de garde et de réinsertion. Pour l’UFAP UNSa Justice, une réflexion globale sur la politique pénale et carcérale est indispensable. La construction d’établissements spécialisés, avec des niveaux de sécurité adaptés aux profils des détenus devient indispensable, tout comme le développement des mesures alternatives. Un vaste chantier qui nécessite un GRAND courage !

➢ « Plaquette incident »

La plaquette « incident » est achevée. Elle constitue un guide méthodologique pour les DISP dans le cadre des remontées d’incidents à la permanence nationale. Les fiches reflexes permettent également une mise à jour en lien avec les évolutions récentes (drone, BAR, missions extérieures, …) ainsi que la prise en compte du milieu ouvert.

➢ Etat d’avancement des caméras piéton

Après l’expérimentation, place au déploiement du matériel (19 000 caméras) : celui-ci se fera sur une période de 3 ans avec un démarrage dans le courant du 2nd semestre 2024. l’UFAP UNSa Justice a rappelé à la SDSP que celui-ci doit s’effectuer dans les meilleures conditions afin de ne pas ajouter des difficultés supplémentaires. Pour cette raison, notre organisation syndicale a demandé à être destinataire du cahier des clauses techniques particulières. Les dotations issues du marché public devront répondre à nos exigences : fiabilité, facilité d’utilisation, autonomie des batteries suffisantes, couplage avec le Pistolet à Impulsion Electrique (PIE).

➢ Déploiement des PIE

Après une période d’essai, les PIE sont actuellement déployés sur 9 sites et concernent les agents ESP. Leur déploiement va se poursuivre afin de doter l’ensemble des ESP. Pour le moment, la DAP ne prévoit pas l’extension de la dotation

➢ Déploiement des ELSP / Parachèvement des EJ

Actuellement, 100 ELSP sont ouvertes. Le déploiement complet est fixé à 2025 et s’effectuera à effectif constant, la DAP n’ayant pas obtenu d’emploi supplémentaire après les 217 créations prévues pour 2024. La reprise totale du vicinal est prévue dès 2024. Le principe de « subsidiarité » (IDF reprise par les FSI) va s’estomper région par région, pour l’ensemble des EPM (Enjeu Procédurale Majeur). Au regard des taux d’IDF sur les différentes régions, l’UFAP UNSa Justice a fait savoir que cela ne sera pas possible en l’état ! Comme d’habitude, toujours plus avec pas grand-chose ! En attendant, le risque de libération pour non présentation sera élevé !

L’UFAP UNSa Justice s’est servie de cette rencontre pour remonter un certain nombre de difficultés rencontrées par les ESP. Un focus a été fait sur la situation de l’ELSP d’Aix en Provence. En effet, l’UFAP UNSa Justice a demandé à la DAP de définir « l’urgence médicale ». Certaines ELSP, dont AIX, sont sur-sollicitées pour les extractions médicales et ne peuvent contribuer à la sécurité périmétrique et intérieure des établissements. Certaines urgences médicales sont même programmées ! Les ELSP ne doivent pas être un service à disposition du corps médical mais une plus-value pour nos établissements. Des consignes doivent être passées en ce sens !

D’autres points ont également été abordés :

➢ Expérimentation brigade motorisée

Depuis le 15 novembre 2023, l’ERIS Paris est dotée d’une brigade motorisée. L’expérimentation durera 1 an. Cette brigade permet, pour l’ERIS Paris, des projections plus rapides et plus faciles pour les interventions primaires au regard des conditions de circulation en région parisienne.
S’agissant plus globalement des ERIS, SDSP a acté la mise en place, au sein de chaque unité, d’un Tireur Haute Précision (THP) avec la dotation d’une arme de haute précision (TIKKA) pour chaque ERIS.

La décision de remplacer le support glock a été prise pour équiper les ERIS d’une arme épaule 9 mm. Il s’agit du Brugger et Thomet APC 9.
10 agents ERIS partiront en janvier prochain à Mamoudzou (Mayotte) pour une opération de sécurisation d’une durée d’un mois renouvelable. L’UFAP UNSa Justice a d’ores et déjà demandé que ces agents puissent bénéficier du régime indemnitaire spécifique pendant toute la durée de leur mission.

➢ Expérimentation « chien d’appui et de défense »

l’UFAP UNSa Justice a informé SDSP de son projet à l’échelle nationale et lui en a présenté les grandes lignes. SDSP souhaite expérimenter le chien d’appui. Le site du CP AIX/ELSP pourrait être celui retenu avec la mise en place d’un binôme (chien/maitre-chien) pour des missions de sécurité périmétrique uniquement. La formation serait effectuée par la Sûreté ferroviaire.
Le projet « Chien de défense et d’intervention » de notre organisation syndicale est beaucoup plus global en termes de déploiement et beaucoup large en termes de mission dans l’objectif de doter toutes les CYNO et ELSP. En effet, au-delà de la sécurité périmétrique, pour l’UFAP UNSa Justice, il est nécessaire de développer également la sécurité intérieure de nos établissements, notamment dans le cadre des fouilles, de la gestion des mouvements collectifs et d’appui sur certaines interventions. Cela demande certes des moyens financiers mais répond à l’attente sécuritaire des agents sur le terrain.

➢ Lutte anti-drone

Les survols d’établissements pénitentiaires par des drones sont de plus en plus réguliers et permettent
l’approvisionnement de la population pénale en objets interdits et/ou illégaux, favorisant ainsi les trafics en détention et la circulation d’objets dangereux pour la sécurité des personnels.
34 sites sont actuellement équipés d’un dispositif anti-drone. 45 le seront à l’issue du marché public. Cela n’est ni suffisant ni performant. Les drones sont une nouvelle plaie !
Si SDSP se félicite du système actuel, il n’en demeure pas moins que des mises à jour régulières sont nécessaires afin de paramétrer les antennes en fonction de l’évolution des drones et de la technologie.
l’UFAP UNSa Justice exige une augmentation conséquente du budget alloué à la lutte anti-drone afin de doter l’ensemble des structures d’un système fiable, pérenne et opérationnel.

➢ Points d’actualité divers

l’UFAP UNSa Justice, VOTRE SÉCURITÉ EST NOTRE MISSION PERMANENTE !

Le Secrétaire Général,
Emmanuel CHAMBAUD