Pantin, le 06 février 2026
Le jeudi 5 février 2026, au centre pénitentiaire de Ducos, une décision lourde de conséquences a été prise. Un détenu classé escorte 4, a été extrait sous la surveillance de seulement trois agents pénitentiaires. Cette extraction s’est déroulée sans renfort adapté avec un refus explicite de prêt de main forte des forces de sécurité intérieure, pourtant sollicitées. Cette situation constitue une mise en danger manifeste et
inacceptable de la vie des personnels, d’autant plus grave qu’elle intervient dans un contexte où chacun
connaît désormais les risques mortels liés aux extractions mal dimensionnées.

Le drame d’Incarville aurait dû constituer un électrochoc définitif. Il devait marquer un changement profond dans l’appréhension du risque, dans la préparation des escortes sensibles et dans la protection des agents.
Force est de constater qu’il n’en est rien !


Cette attitude traduit une incapacité à tirer les enseignements du passé et un mépris insupportable pour la mémoire de nos collègues tombés dans l’exercice de leurs fonctions !


La doctrine d’emploi des équipes de sécurité pénitentiaire est pourtant limpide. Elle impose que toute mission d’extraction soit planifiée en tenant compte du niveau de dangerosité du détenu, du degré de sensibilité de la mission et de l’environnement dans lequel elle s’inscrit.


Or, à Ducos et comme trop souvent partout, cette doctrine a été tout simplement piétinée !


La situation est d’autant plus révoltante que l’Outre-mer ne dispose pas d’équipes ERIS. L’administration en a parfaitement conscience. Pourtant, elle continue d’imposer aux personnels Ultramarins des missions de très haut niveau de dangerosité sans leur donner les moyens qui peuvent exister dans l’Hexagone. Cette différence de traitement est inacceptable. Elle crée une rupture d’égalité dans la protection des agents et envoie un message intolérable !


L’UFAP UNSa Justice refuse catégoriquement cette logique d’exposition délibérée à des dangers graves. La sécurité des personnels n’est pas une variable d’ajustement, ni une ligne comptable que l’on peut réduire au gré des contraintes organisationnelles. Chaque extraction mal préparée, chaque renfort refusé, rapproche un peu plus l’administration d’un nouveau drame humain. Nous n’accepterons plus que le sang des personnels et le risque de mort soient le prix à payer pour une administration incapable de faire respecter ses propres règles.


L’UFAP UNSa Justice apporte enfin son soutien total et sans réserve au mouvement de mécontentement des personnels du centre pénitentiaire de Ducos et, plus largement, à l’ensemble des personnels. Leur colère est plus que légitime, car elle est le produit direct d’un sentiment d’abandon, d’un manque de protection et d’une exposition permanente au danger. Quand les personnels risquent leur vie, la mobilisation n’est pas une option : elle devient une nécessité !

Le Secrétaire Général, Alexandre CABY