Pantin, le 18 janvier 2026

Armé de ciseaux, un individu multirécidiviste, au profil violent et manifestement instable a tenté de tuer nos collègues. Touchés au cou et au front, ils ne doivent leur survie qu’à une part de chance et surtout au professionnalisme et au sang-froid exemplaire d’autres personnels. Ce jour-là, ils ont survécu…

Aujourd’hui, c’est au CD de Salon-de-Provence que le scénario se répète. Un autre profil violent, incontrôlable, connu pour pathologie psychiatrique, lui aussi laissé volontairement par l’administration dans un régime de détention quasi-normal a planté un couteau dans la gorge de l’un des nôtres : un élève surveillant, en pleine distribution des repas. Un collègue en formation, exposé en première ligne, sacrifié sur l’autel de l’inaction de l’État.

Mais que faudra-t-il encore pour que l’administration et le ministère de la Justice prennent enfin la mesure de la déliquescence totale de nos prisons ?!

Pourtant, lors d’un rendez-vous à Vendôme, le ministre de la Justice lui-même a donné quitus à l’UFAP UNSa Justice concernant l’expérimentation d’Établissements Spécialisés et Adaptés pour la prise en charge des détenus aux profils psychiatriques lourds ou présentant de graves troubles du comportement.

Aujourd’hui, la réalité est implacable, 24 000 détenus en trop, plus de 6 000 matelas au sol, plus de 4 000 postes vacants, des personnels épuisés, exposés, abandonnés lâchement et agressés quotidiennement !

L’abnégation de celles et ceux qui, chaque jour, arpentent les coursives, assurent la continuité de l’État et font fonctionner les établissements et services dans la souffrance, le danger et l’indifférence générale.
Le professionnalisme de personnels pénitentiaires qui se lèvent chaque matin pour maintenir debout un système déjà à genoux.

Quand des voyous tiraient à l’arme de guerre sur nos portes, on nous a promis des armes… on nous a laissé nos clés !

Quand nos camarades ont été assassinés sur un péage, on nous a promis de la sécurité… mais sans aucuns renforts humains supplémentaires !

Combien d’entre nous faudra-t-il encore sacrifier avant que les Personnels se lèvent contre un système attentiste, non protecteur, non sécuritaire, qui expose quotidiennement ses agents à la mort ?!

Exigeons ensemble la mise en œuvre immédiate d’Établissements Spécialisés et Adaptés pour accueillir les détenus violents et souffrant de troubles psychiatriques, afin de soulager les détentions classiques et protéger celles et ceux qui y travaillent.

Le Secrétaire Général, Alexandre CABY