le 21 décembre 2022


Invité le 15 décembre dernier dans l’émission de France Culture « L’invité(é) des matins » pour parler du
Goncourt des Détenus, le Garde des Sceaux s’est aventuré sur le terrain de la réinsertion et de la lutte contre la récidive mais surtout de ceux qui y œuvrent concrètement chaque jour.
Il s’est félicité de l’entrée en vigueur de la LSC de plein-droit au 1er janvier 2023 qui permettra, selon lui,
d’éviter les sorties sèches et d’apporter un meilleur accompagnement des personnes condamnées par les
personnels pénitentiaires et notamment, les CPIP. Pas besoin d’avoir passé le barreau pour savoir que ce vœu pieux loin de répondre à la problématique des sorties sèches en l’absence de projet de sortie ou
d’aménagement de peine, va surtout surcharger les milieux ouverts.
Néanmoins, ce n’est pas là que le bât blesse. En effet, au cours de son entretien avec le journaliste, le Garde des Sceaux est apparu en difficulté pour répondre à une question qu’il avait lui-même posée :
« Vous savez ce que sont les CPIP ?
A la grande surprise des auditeurs avisés, notre ministre de tutelle reprend et déclare avec l’aplomb qu’on
lui connaît habituellement : « Des Conseillers de Probation et d’Insertion Professionnelle »
Ne s’arrêtant pas là, il continue et annonce fièrement : « Nous en avons recruté 15 000 ».
Décidément, personne n’est épargné par les carences du ministère de la Justice dans les formations
d’adaptation au poste …
Cette déclaration est symptomatique du manque d’intérêt et d’investissement structurel des pouvoirs
publics dans les questions de réinsertion et de lutte contre la récidive. Elle témoigne également du manque de reconnaissance dont souffrent les personnels des SPIP, y compris dans leur propre ministère. Enfin, elle est révélatrice des illusions dont se bercent la Chancellerie et la DAP sur l’(in)efficacité des modes de prise en charge qu’elles imposent sans ménagement à leurs agents depuis de nombreuses années.
L’UFAP UNSa Justice ne cesse de dénoncer cet état de fait, préjudiciable aux personnels, à la société et aux personnes placées sous-main de Justice.

Pour y remédier, l’UFAP UNSa Justice milite :