Monsieur le Ministre, Messieurs les Conseillers, Monsieur le Directeur de l’Administration Pénitentiaire, Monsieur le Directeur du Service Pénitentiaire de l’Outre-Mer, l’UFAP UNSa Justice se félicite d’être reçue et nous l’espérons enfin entendue.

Mais nous vous le répétons : ne faites pas comme vos prédécesseurs. Une fois repartis, les personnels pénitentiaires de Guadeloupe redeviennent trop souvent les oubliés de la Nation.

Les établissements pénitentiaires de Guadeloupe manquent cruellement de moyens humains, de structures adaptées et d’investissements à la hauteur des besoins.

La dernière CAP de mobilité du Corps d’Encadrement et d’Application l’a confirmé pour la deuxième fois consécutive : aucun poste attribué au CP de Baie-Mahault.

Dans un territoire parmi les plus violents de France, le système pénitentiaire ploie sous la pression.

La Maison d’Arrêt de Basse-Terre 2 qui vient d’ouvrir comptabilise déjà 7 matelas au sol.

Le CP de Baie-Mahault compte aujourd’hui 995 personnes détenues écrouées, dont 795 hébergées avec plus de 170 matelas au sol alors que celui-ci est conçu pour 498 places.

C’est-à-dire plus du double de sa capacité dans un état de saturation absolue et permanent.

L’UFAP UNSa Justice alerte depuis des années sur la surpopulation massive, les conditions d’hygiène indignes, l’oisiveté généralisée, l’absence d’activités structurantes et le manque dramatique de prises en charge spécialisées.

Et pourtant, rien ne change…

UNE QUESTION QUI NE PEUT PLUS ÊTRE ÉVITÉE :
Sommes-nous un peuple à part entière ou entièrement à part ?

Nous refusons que les établissements ultramarins restent des zones de non- droit administratif où l’égalité républicaine ne s’applique qu’à moitié.

L’UFAP UNSa Justice réclame un plan Marshall Ultramarin pour la justice pénitentiaire :

Des box d’entretien sécurisés et suffisants permettant un réel travail de prise en charge et d’accompagnement des personnes détenues.

SPIP Guadeloupe : L’absence de moyens ne peut plus être passée sous silence

Avec l’explosion des mesures en milieu ouvert, des aménagements de peine massivement mobilisés pour désengorger les prisons, des suivis toujours plus complexes, les équipes SPIP sont à flux tendu sans les moyens humains et matériels indispensables pour garantir un service public efficace, sécurisé et respectueux des missions pénales.

Nous exigeons :

Maison d’Arrêt de Basse-Terre 2 : Une ouverture précipitée… Un échec annoncé

L’ouverture de la Maison d’Arrêt de Basse-Terre 2, menée dans la précipitation, est hélas un échec total comme l’UFAP UNSa Justice l’avait annoncé à plusieurs reprises.

L’effectif prévu pour faire fonctionner cet établissement a été gravement sous- évalué.

Conséquence directe : un mode dégradé à chaque service et qui implique notamment :

Nous demandons un organigramme de référence fixé à 110 agents. C’est le minimum requis pour que l’établissement puisse fonctionner dans des conditions sécurisées, dignes et conformes à ses missions.

DAC de Baie-Mahault : Une augmentation de capacité… sans moyen !

L’administration  a  validé  l’accroissement  de  capacité  (DAC)  du CP de Baie-Mahault, mais a totalement oublié d’accompagner cette augmentation par les moyens indispensables pour agrandir les structures existantes.

Aucune anticipation pour l’Unité Sanitaire, la cuisine, le greffe, la fouille, les zones techniques, les services supports indispensables au fonctionnement.

Autrement dit on augmente les détenus mais pas les moyens.

Nous demandons que les réflexions, les budgets et les renforts soient engagés avant l’ouverture du DAC, afin d’éviter une catastrophe programmée et de garantir un fonctionnement serein de l’établissement.

Monsieur le Ministre, la Guadeloupe ne demande pas des faveurs ; Elle exige

l’égalité républicaine, des engagements concrets, datés et chiffrés. La pénitentiaire guadeloupéenne ne peut plus fonctionner avec :

L’UFAP UNSa Justice restera mobilisée tant que la Guadeloupe demeurera le parent pauvre de l’administration pénitentiaire.

Pour l’Union Régionale UFAP UNSaJustice
Jean-Jacques RACAMY
Karine PRETERIENS
Frantz SAPOR Ingrid GUSTAVE